Une nouvelle étape a été franchie dans le renforcement de l’espace civique, de la gouvernance démocratique et de la participation citoyenne en Guinée. Ce jeudi 25 juin, le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) et l’Ambassade du Royaume-Uni en République de Guinée ont procédé à la signature officielle du contrat de mise en œuvre du projet « Agora Civique Guinée », lors d’une cérémonie organisée au siège du CNOSCG.
Cette initiative vise à promouvoir un espace civique inclusif, dynamique et résilient à travers le renforcement des capacités des organisations de la société civile, l’amélioration du dialogue entre les citoyens et les institutions publiques ainsi que la consolidation des mécanismes de gouvernance démocratique.
Dans son allocution de bienvenue, le président du CNOSCG, Ange Gabriel Haba, a exprimé sa profonde reconnaissance à l’endroit de l’Ambassade du Royaume-Uni pour la confiance accordée à la faîtière de la société civile guinéenne.
« En choisissant d’abriter cette signature dans nos locaux, vous adressez à la société civile un signal fort de confiance et de considération. Cet honneur, nous le mesurons à sa juste valeur », a-t-il déclaré.
Pour le responsable du CNOSCG, cette cérémonie dépasse largement le cadre administratif. Elle représente l’aboutissement d’un dialogue fondé sur la confiance mutuelle et une vision commune du développement démocratique.
« Cette cérémonie n’est pas un simple acte administratif. Elle est le fruit d’un dialogue soutenu, d’une confiance patiemment construite et d’une vision partagée. Elle consacre la reconnaissance du sérieux, de la rigueur et de l’engagement constant de notre faîtière auprès de l’État et des partenaires », a-t-il souligné.
Rappelant que le CNOSCG demeure la plus importante plateforme de la société civile guinéenne, Ange Gabriel Haba a insisté sur la responsabilité qui incombe à son organisation dans la promotion de la participation citoyenne et de la bonne gouvernance.
Selon lui, le projet Agora Civique Guinée porte une ambition claire : « renforcer l’espace civique, promouvoir la gouvernance démocratique et développer la participation citoyenne ». Il permettra notamment d’élargir les espaces de dialogue, de consolider les capacités des organisations de la société civile et de rapprocher davantage les citoyens des processus décisionnels.
Le président du CNOSCG a également mis en avant l’importance de la société civile dans la prévention des conflits, particulièrement dans les zones minières, ainsi que dans la promotion de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des ressources extractives.
« Une société civile vigilante et responsable est un allié naturel de la paix sociale et de la bonne gouvernance de nos ressources naturelles, patrimoine commun de toute la nation guinéenne », a-t-il affirmé.
Prenant un engagement solennel devant les partenaires et les acteurs présents, il a assuré que le projet sera mis en œuvre avec rigueur et transparence.
« Nous mettrons en œuvre ce projet avec rigueur, avec transparence et avec un sens aigu de la redevabilité. Chaque ressource mobilisée sera orientée vers des résultats concrets et vers l’intérêt des populations », a-t-il promis.
Prenant la parole à son tour, l’Ambassadeur du Royaume-Uni en République de Guinée a salué la signature d’un accord qu’il considère comme une contribution majeure au renforcement des institutions démocratiques du pays.
« La cérémonie d’aujourd’hui ne se limite pas à un appui financier. Elle traduit un engagement commun entre le Royaume-Uni et la Guinée en faveur du renforcement de la gouvernance, de la redevabilité et de l’espace civique », a déclaré Daniel Shepherd
Selon le diplomate britannique, le lancement du projet intervient à un moment déterminant de l’histoire récente de la Guinée, marqué par d’importantes transformations politiques et économiques.
« Le pays traverse une phase de transformation politique et économique profonde. Les opportunités sont réelles, notamment avec les investissements majeurs dans le secteur extractif. Mais ces opportunités ne peuvent bénéficier durablement aux populations que si elles s’accompagnent d’institutions solides, de décisions transparentes et d’un dialogue constant entre l’État et la société », a-t-il expliqué.
L’ambassadeur a précisé que le projet Agora Civique Guinée vise avant tout à mettre en place des mécanismes concrets et structurés de dialogue et de redevabilité entre les institutions publiques et la société civile.
« Il s’agit de créer des espaces d’échange réguliers, apaisés et constructifs, non pas uniquement en période de crise, mais dans le cadre d’un dialogue permanent », a-t-il indiqué.
Le projet contribuera également au renforcement des capacités des organisations de la société civile afin qu’elles puissent participer de manière crédible et informée à l’élaboration et au suivi des politiques publiques, notamment dans le secteur stratégique des ressources naturelles.
À moyen terme, les promoteurs espèrent renforcer la transparence, améliorer la confiance entre les citoyens et les institutions et prévenir les tensions grâce à un dialogue anticipatif et responsable.

À plus long terme, l’ambition affichée est d’inscrire durablement les pratiques de gouvernance participative dans les mécanismes institutionnels guinéens.
Réaffirmant l’engagement du Royaume-Uni aux côtés de la Guinée, l’ambassadeur a souligné que ce soutien s’inscrit dans une vision de long terme fondée sur la conviction que des institutions fortes et responsables, associées à une société civile dynamique, constituent le socle d’un développement durable et inclusif.
« Nous pensons qu’un État est d’autant plus fort lorsqu’il est à l’écoute de ses citoyens et que ceux-ci disposent d’espaces sûrs et constructifs pour s’exprimer », a-t-il déclaré.
Le diplomate a également rendu hommage au rôle joué par le CNOSCG dans la promotion du dialogue citoyen à travers le pays, estimant que son envergure nationale et sa crédibilité en font un acteur particulièrement légitime pour porter une telle initiative.
Se félicitant du climat apaisé ayant marqué les récentes élections législatives et locales, il a rappelé que la démocratie ne se résume pas au seul exercice du vote.
« Les élections ne sont qu’un moment du processus démocratique. L’essentiel se joue ensuite dans la manière dont les institutions répondent aux attentes des citoyens, expliquent leurs décisions et rendent compte de leurs actions. La ³ ne s’arrête pas le jour du vote. Elle commence ce jour-là », a-t-il insisté.
Le Royaume-Uni accompagnera ainsi la mise en œuvre du projet Agora Civique Guinée durant les trois prochaines années, dans le respect du leadership guinéen et avec l’ambition de soutenir des solutions durables, inclusives et adaptées aux réalités nationales.
La cérémonie s’est achevée sur une note d’optimisme partagée par les deux parties, qui voient dans cette signature le point de départ d’une coopération renforcée en faveur d’une gouvernance plus ouverte, plus transparente et plus responsable au bénéfice des citoyens guinéens.
A. Camara
