L’installation des conseillers communaux a officiellement débuté ce jeudi 2 juillet sur toute l’étendue du territoire national. Mais dans la commune de Gbessia, où la cérémonie inaugurale a finalement été reportée aux environs de 15 heures, des voix se sont élevées pour dénoncer des irrégularités dans l’organisation de cette session.À l’issue de cette journée, des conseillers communaux, à travers le représentant du parti FRONDEG, allié au Mouvement Alternatif Démocratique (MAD) et à Gbessia d’abord (GD), ont exprimé leur mécontentement et leurs inquiétudes face au déroulement des événements.
Prenant la parole, Boubacar Nimaga, représentant de FRONDEG, allié au MAD et à Gbessia d’abord, a interpellé l’opinion nationale et internationale sur ce qu’il considère comme un dysfonctionnement majeur au sein de la commune de Gbessia.
« À l’issue de cette présentation, je voudrais interpeller l’opinion nationale et internationale sur l’acte que nous venons de subir au sein de la commune de Gbessia. Les 45 conseillers avaient été convoqués pour prendre part à la session inaugurale de ce jour. Nous avons respecté cette convocation et nous avons même été parmi les premiers à nous présenter. À notre arrivée, nous avons été identifiés par les agents compétents, notamment à travers la présentation de nos cartes, conformément aux dispositions prévues. Après cela, nous avons été introduits dans la salle en attendant les représentants du MATD pour que la session inaugurale puisse se tenir dans de bonnes conditions. »a-t-il dénoncé.
Il explique que les conseillers sont restés dans la salle pendant plusieurs heures sans qu’aucun incident ne soit signalé, avant d’être informés du report de la cérémonie.
« Ce que nous déplorons, c’est qu’après être restés sur place jusqu’à 11 heures, sans bruit, sans menace et dans le calme, le représentant du MATD est venu nous informer de manière spontanée qu’il venait de recevoir un appel du ministère lui demandant de surseoir à la session inaugurale, en raison d’une réunion importante en cours. Il nous a alors demandé de quitter les lieux et de revenir à partir de 15 heures. » a-t-il dénoncé.
Selon lui, cette décision a été acceptée dans le calme par l’ensemble des conseillers, malgré l’exiguïté de la salle. « Nous étions au nombre de 45 conseillers. Vu l’étroitesse de la salle, nous avons laissé chacun sortir progressivement afin d’éviter tout incident. Il n’y a eu ni affrontement ni problème particulier. Nous sommes restés sereins et nous avons quitté les lieux un à un, dans le calme. »
Boubacar Nimaga dénonce toutefois la diffusion d’informations qu’il juge mensongères sur une supposée tension à la mairie de Gbessia.« Ce que nous déplorons aujourd’hui, c’est qu’après notre sortie de la salle, nous avons commencé à entendre des informations faisant état d’une vive tension au sein de la commune urbaine de Gbessia. Pourtant, je vous assure, preuves à l’appui, qu’il n’y a eu aucune tension entre les conseillers. Tous sont sortis dans la paix, sous le regard des médias présents devant la cour de la mairie. »
Le représentant de FRONDEG affirme également que ce report suscite un profond malaise parmi les élus, d’autant plus qu’aucune explication claire n’aurait été donnée sur les raisons de cette décision.
« Ce report est en train de nous traumatiser, parce que nous étions préparés à répondre aux attentes de la population de Gbessia à travers cette session inaugurale. Mais comme cela a été reporté, nous ne savons toujours pas quelle est la cause fondamentale de cette décision. Après notre dispersion, nous avons commencé à entendre que la situation aurait changé, qu’il y aurait tel ou tel problème, alors que rien de tout cela ne s’était produit au moment de notre départ. »
Plus préoccupant encore, l’élu évoque des informations faisant état de menaces visant l’un des conseillers de la commune.« Nous avons reçu une information selon laquelle l’un de nos conseillers, de G2, serait menacé d’arrestation dans le but de l’empêcher d’accéder à la salle à partir de 15 heures. Cela n’est pas acceptable. Si cela venait à se produire, nous, les 45 conseillers, nous opposerons à cette installation. Personne n’aura accès à la salle. Nous allons boycotter. »
Face à cette situation, Boubacar Nimaga appelle les autorités à prendre les dispositions nécessaires afin de garantir une installation conforme à la loi et dans le respect des droits des conseillers.
« Nous demandons que toutes les mesures prévues par la loi soient respectées. Nous savons que dans d’autres communes, à l’intérieur du pays comme dans la capitale, la procédure d’installation se déroule normalement. Mais ce que nous constatons ici à Gbessia nous pousse à nous interroger. Nous sommes très inquiets. Si notre sécurité est menacée, cela signifierait qu’aucun respect des règles n’est observé dans cette commune. »
Il insiste enfin sur le fait qu’aucun conseiller n’a créé de trouble au sein de la mairie et que la sortie des élus s’est déroulée dans le calme le plus total.
« Aucun conseiller n’a provoqué de pagaille. Chacun a quitté les lieux comme cela avait été demandé dans la salle. Vous l’avez vous-mêmes constaté : le retrait s’est fait dans la paix, dans l’harmonie, dans la joie et dans la fraternité. C’est pour cela que nous nous sommes retirés paisiblement pour regagner nos lieux respectifs. »
En attendant la reprise de la session annoncée pour 15 heures, les regards restent tournés vers la commune de Gbessia, où cette installation des conseillers communaux, pourtant attendue comme une étape majeure de la vie locale, a déjà pris une tournure controversée.
A. Camara
