À l’issue d’un point de presse animé ce lundi 18 mai à la Maison de la presse, le Collectif des Contractuels Temporaires de Guinée (CCTG), à travers une déclaration lue par la porte-parole Massa Kaba, a alerté l’opinion publique et les autorités sur la situation jugée « préoccupante » des contractuels temporaires évoluant depuis plusieurs années au sein des départements ministériels et institutions publiques du pays.
Dans cette déclaration, la porte-parole du collectif a dénoncé les conditions de travail et de vie particulièrement difficiles dans lesquelles évoluent des milliers d’agents de l’administration publique, malgré les services rendus à l’État depuis de nombreuses années.
Selon le CCTG, plusieurs contractuels temporaires servent l’administration guinéenne depuis plus d’une décennie sans bénéficier d’un véritable statut administratif ni des avantages sociaux accordés aux fonctionnaires réguliers.
« Depuis plus d’une décennie pour certains, nous, Contractuels Temporaires, sommes au cœur du fonctionnement quotidien de nos départements ministériels et institutions publiques. Nous assurons des tâches vitales, parfois dans des contextes difficiles, avec professionnalisme, loyauté et sens du devoir », a déclaré le collectif dans une déclaration lue devant les journalistes.
Les membres du collectif affirment continuer à exercer leurs fonctions dans une situation de grande précarité, caractérisée notamment par de faibles rémunérations, l’absence de couverture sociale ainsi que la non-prise en compte de leur ancienneté.

Le CCTG indique que la majorité des agents concernés perçoivent un salaire mensuel de 550 000 francs guinéens, un montant qu’ils jugent insuffisant pour faire face aux charges familiales dans un contexte marqué par la hausse généralisée du coût de la vie.
« Aujourd’hui, nous avons de sérieuses difficultés à faire face à nos obligations familiales dans un contexte mondial marqué par une inflation galopante », ont-ils souligné.
Le collectif a également évoqué le processus de régularisation engagé par les autorités de la transition. Tout en saluant la volonté affichée par le président de la République de procéder à la régularisation de leur situation, les contractuels dénoncent cependant des blocages administratifs.
Selon eux, certains cadres de l’administration freineraient le processus de changement de statut des agents contractuels déjà enrôlés dans le Fichier Unique de Gestion Administrative et de la Solde (FUGAS).
Le CCTG précise qu’après l’opération d’assainissement du fichier de l’administration publique menée par le gouvernement guinéen, 2 869 contractuels temporaires ont été recensés et intégrés dans le système de gestion de la solde, leurs salaires étant désormais virés dans différentes banques du pays.
À travers cette sortie médiatique, le Collectif des Contractuels Temporaires de Guinée appelle les autorités compétentes à accélérer le processus de régularisation administrative afin de mettre fin à plusieurs années de précarité et de reconnaissance inachevée au sein de la fonction publique guinéenne.
A. Camara
